
Le
train phantôme
Le
Phun / Mise en jeu: Phéraille
De Paris la
Villette à Lisbonne, de Saint-Gaudens à Berlin Est, du
Vietnam à l’Australie, le PHUN promène
depuis beau temps son ouvrage sur les routes du monde. Le collectif
Pour Un Humour Universellement Nécessaire, a désormais
apposé sa marque à des spectacles-itinéraires
qui mêlent la poésie et l’humour, le monumental et
l’intime. Des mélanges évidents pour ces artistes
venus des horizons du cirque, du théâtre, de la musique,
des arts de la rue, qui bâtissent histoires et décors en
base arrière à l’Usine de Tournefeuille, mais
transplantent ensuite leurs féeries en tous lieux de l’espace
public. Des balades botanico-héroïques avec Les Gûmes,
des virées en sous-sols urbains avec Les Cent-Dessous,
le PHUN donne vie à d’étranges communautés
éphémères. Dans ces fantasmes déambulatoires,
le spectateur pénètre à leur suite le cœur
même de l’illusion, par une porte dérobée
enfouie tantôt sous les bosquets d’un jardin ou dans un
égout de la ville.
Pour ce nouveau voyage, on est
convié à sauter à bord du train fantôme
d’une fête foraine désuète. On prend place
dans ce «théâtre mécanique», poussé
par le délicieux frisson d’éprouver à
nouveau le chatouillis des squelettes de pacotille et la caresse de
nos peurs enfouies. Mais le vieux manège tombe en panne et
l’on en descend bientôt pour hanter à pied
l’envers du décor. Là, derrière le
carton-pâte, dans leur galerie de Boutiques Phantômes
règne l’extravagante tribu Ramon, une famille Adams
haute en noirceurs, qui fait commerce de nos terreurs.
Autour
d’une sorcière-ogresse qui cuisine d’inquiétantes
Delicatessen, on croise en chemin une reine jalouse endormie dans un
frigo, attendant d’être ranimée par du jus frais
de cœur de princesse, une petite fille aux allumettes
prisonnière d’un vilain Gepetto, un éventreur
anglais, deux jumeaux ennemis au seuil de la mort et toute une armada
de créatures et de mythes… Crachés comme
crapauds des contes de notre enfance, les Ramon prétendent
nous offrir l’antidote aux peurs en cascade dont nous nourrit
la violence télévisuelle… Approchez mesdames et
messieurs! Saurez-vous tendre la main à vos cauchemars enfin
apprivoisés? Un voyage «interdit aux plus de 18 ans non
accompagnés»…